Proximité sociale et commerce équitable au-delà des frontières

Pour l’achat de produits exotiques non substituables, il est possible de se tourner vers le commerce équitable. Ce système alternatif assure un revenu décent aux petits producteurs du Sud et restaure la relation de proximité et de confiance entre mangeur et cultivateur, même à l’autre bout du monde. Si les produits ne sont pas « locaux », ils sont « localisés » : le consommateur sait d’où ils viennent et par qui ils ont été produits. Adoptant un positionnement critique face aux conséquences du commerce international, le commerce équitable vise à promouvoir une agriculture respectueuse des environnements physiques et humains pour pallier les impacts sociaux et environnementaux de nos systèmes économiques. La filière du cacao, est, avec celle du café, emblématique du commerce équitable. Selon une étude du Basic publiée en 2016, six grands industriels détiennent 50 % du marché mondial. À l’autre bout de la chaîne, plus de 5 millions de petits producteurs, tributaires des prix du marché, vivent pour la plupart en-dessous du seuil de pauvreté. Une forte pression économique aux répercussions dramatiques : déforestation, utilisation d’intrants chimiques et travail des enfants sont autant de manières de réduire les coûts et d’augmenter les rendements pour accéder à des conditions de vie décentes. Améliorer la durabilité des filières suppose l’adoption d’un modèle transparent et responsable, qui valorise l’origine des produits et le travail des producteurs et permette l’adoption de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et des normes de travail.


3e colloque international Alimentation : vers de nouveaux modes de consommation ?, 2014. Session 1 - Quelles innovations et alternatives existantes ?, David Erhart, « Commerce équitable : un engagement citoyen au-delà de la consommation » (à regarder entre 34:37 et 49:48).
 
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