Produits « localisés » et exotisme culinaire pour une proximité symbolique

Le local et le terroir" class=" sont porteurs d’une image d’authenticité, de goût et de qualité qui a le vent en poupe. Manger local renvoie à la consommation symbolique d’une région, d’un climat, d’une histoire, d’une famille, etc. La mondialisation stimule ces valeurs qui ne s’adressent pas seulement aux consommateurs des espaces urbains régionaux mais sont promues à l’international. Le produit, qui n’est pas « local » mais « localisé », devient la porte d’entrée dans la découverture d’une culture gastronomique autre, rêvée ou fantasmée. Ce goût de l’exotisme s’est amplifié au XXe siècle avec la révolution de l’information et des transports et le développement du tourisme, qui sont autant de nouvelles occasions de contact et d’échanges. Le voyage est un mode de découverte privilégié de produits et de plats étrangers permettant de goûter un ailleurs culinaire qui étonne et dépayse.

Aujourd’hui, les magazines, émissions et autres réalisations « globe-croqueuses » exacerbent l’imaginaire de la cuisine exotique et participent au renouvellement du regard que porte le touriste sur les cultures alimentaires des lieux visités. Cette reconnexion symbolique avec le territoire entraîne une patrimonialisation des produits, comme c’est le cas par exemple pour le cacao équatorien. Le pays a mis « les usages et les savoirs traditionnels associés à la production du cacao national fin d’arôme » sur la liste représentative du patrimoine national de l’Équateur. En parallèle, se sont développés les circuits touristiques avec une « route ancestrale du cacao ».


7e colloque international Les aliments voyageurs, 2018. Intermède vidéo, Jonas Parienté, « Grandmas project ».
7e colloque international Les aliments voyageurs, 2018. Discussion - Voyage des plantes, Voyage en repas, Marine Mandrila, « Very Food Trip & Refugee Food Festival ».
 
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