Accueil > Parcours thématiques > Vers une alimentation durable ? > Enjeux de nos systèmes alimentaires

 

Enjeux de nos systèmes alimentaires

Sous l’effet de la mondialisation, nos sociétés contemporaines connaissent des mutations structurelles profondes : urbanisation, évolution de la structure des emplois, des rapports de genre et de la conception du ménage ainsi que du contexte démographique, moyennisation de la structure sociale, innovations technologiques, etc. Ces transformations s’accompagnent de profonds changements dans nos modes de vie et d’alimentation, qui s’orientent vers la sédentarité et la consommation de masse.

Nombre de ces changements concernent la composition des régimes alimentaires. Ils sont regroupés sous le terme de transition nutritionnelle. Avec la hausse des niveaux de vie, la part du budget consacré à l’alimentation par rapport au total des dépenses des ménages diminue. Les quantités consommées s’élèvent à mesure que les revenus augmentent, orientant à la hausse le nombre de calories ingérées. Au-delà du seul niveau énergétique, c’est la structure elle-même de la ration qui est transformée : on observe ainsi dans les assiettes une tendance à la baisse de la proportion de fruits, légumes, céréales et légumes secs et une augmentation de la consommation de produits d’origine animale, laitiers comme carnés, ainsi que de produits gras et sucrés dont la surconsommation est déconseillée.

Combinées à l’évolution de nos modes de vie, ces changements de notre régime alimentaire le rendent inadapté à nos besoins nutritionnels présents, en plus d’être problématiques sur le plan social et environnemental. L’empreinte écologique du secteur alimentaire est non négligeable, puisque celui-ci représente à lui seul plus du quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais ces changements entraînent aussi des complications pour la santé, telles que le développement de l’obésité, de maladies cardio-vasculaires, de cancers, etc. Il apparaît donc nécessaire que puissent se transformer les modes de pensée, de production, de consommation et de vie pour faire avancer la société vers l’adoption de régimes alimentaires durables.

Mais reconsidérer en profondeur le paradigme de nos systèmes alimentaires et pratiques alimentaires pour s’orienter vers des modes de production et de consommation plus durables suppose aussi de repenser notre conception de l’alimentation et de prendre conscience de son caractère transdisciplinaire. En effet, psychologie, sociologie, anthropologie sont autant de domaines de recherche qui, au même titre que l’agronomie ou la biologie, sont à même d’enrichir nos connaissances en termes d’alimentation. « Décloisonner les savoirs », c’est justement ce à quoi s’attelle la Chaire Unesco Alimentations du monde.

 
fr